Je suis une inconditionnelle des auteurs du XIXème siècle, j’ai même écrit un mémoire sur ce sujet !
J’ai donc un peu de mal à me lancer dans les romans écrits par des auteurs plus modernes. Cependant cette année j’ai mis au placard mes préjugés et me suis jetée à l’eau tout d’abord avec Katherine Pancol puis avec Jean Teulé (j’ai même récidivé récemment avec Le Montespan, que je vous conseille vivement).
Pour parfaire mon éducation littéraire du XXème, je me suis donc plongée dans mon tout premier Anna Galvada, le cinquième pour elle : L’Echappée Belle (mieux vaut tard que jamais).
Et contrairement à d’autres auteurs français récents qui m’ont beaucoup déçu et dont je tairai le nom, j’ai vraiment beaucoup apprécié son style frais et un peu déluré.
L’Echappée belle ne se raconte pas, tout simplement parce qu’il n’y a pas vraiment d’histoire, nous partageons juste une tranche de vie de l’héroïne : Garance qui part à un mariage avec son frère qu’elle aime autant qu’elle déteste sa belle-sœur ; Garance qui fuit le fameux mariage pour rejoindre son autre frère dans son château ; Garance qui réalise que ces deux frères et sa sœur sont tout pour elle, et que le temps passant chacun va partir de son côté.
L’Echappée belle ne se raconte pas, elle se lit, elle se rêve, elle se vit…
Et si vous n’êtes toujours pas convaincu voici deux arguments qui feront peut-être la différence.
Tout d’abord la couverture est très jolie (dans les editions le dilettante), avec toutes ces couleurs elle donne envie de se plonger dans l’histoire. Ensuite ce livre est très court : seulement 160 pages, même les lecteurs du dimanche pourront le tenter !
Avec son Magasin des Suicides, Jean Teulé nous ouvre les portes d’un monde (passé, présent, futur ?) où le suicide est au centre de toutes les préoccupations. Ce qui permet de faire tourner le commerce des Tuvache heureux propriétaires d’un magasin des suicides. Ici on vend tout le matériel pour mourir dans les meilleures conditions comme l’indique leur slogan « Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ». Tout ce petit monde vit, telle la famille Adams, dans un parfait désespoir jusqu’au jour où un petit bout de gaîté pointe son nez sous les traits du benjamin Tuvache.
En vous lançant dans cette histoire, attendez-vous à prendre une bouffée d’oxygène contrairement à ce qu’on pourrait croire. Même si le sujet n’a rien de drôle, l’auteur l’aborde de façon légère grâce à l’humour et déridera les plus crispés.
Pourquoi Michel va aimer ?
Tout d’abord parce que c’est drôle (on ne rit pas à gorge déployée mais on est bien obligé de sourire plusieurs fois). Ensuite parce que c’est bien écrit, le style n’est pas pompeux et tout aussi frais que l’histoire.
Cerise sur le gâteau, ce livre réjouira les réfractaires des pavés, Le magasin des suicides ne fait que 157 pages, il se lit vraiment rapidement et ne pèse pas une tonne (en collection poche bien entendu). Vous pouvez donc l’emmener partout dans le métro, sur la plage et dans sa valise.